Pit Schumacher
Quand deux trains se croisent
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© 2012 Pit Schumacher

Quand deux trains se croisent

"La texture philosophique de cette admirable publication se dessine à chaque page, se cache derrière chaque phrase, embrasse le volume, anime les sens, invite à la réflexion.

Quand deux trains se croisent, livre format paysage comporte dix textes ou nouvelles, illustrés de 39 reproductions d’huiles réalisées par l’auteur.

Assis, dans un train, il voit défiler le paysage, le temps, l’espace. Tout défile, file à vive allure, le pays d’où l’on vient, le pays où l’on va. « Une moitié de moi repose déjà en paix, une autre est à naître ».

Quand deux trains se croisent, l’un va vers l’endroit d’où l’autre revient. Schumacher exprime l’altérité du temps, l’égrènement de chaque seconde qui nous entraîne vers demain, vers l’ailleurs, vers la fin.

Lorsque l’on voyage en train, on voit que les façades arrières des maisons sont généralement toujours moins bien entretenues que les façades avant. L’homme, dirait-on, soigne l’aspect du visible, laisse à l’abandon, ou ne se préoccupe guère de ce que l’au-tre ne voit pas. Mais en agissant ainsi, n’arrive-t-il pas souvent que l’homme néglige de soigner l’essentiel.

Au fil des secondes, des minutes, des heures du voyage en train, on voit surgir, à l’arrière des maisons, des balançoires, des ballons crevés, des brouettes renversées, des hangars aux portes cadenassées, des femmes qui lèvent la tête de leur besogne, des enfants absorbés, des parterres de tous gabarits, des potagers….bref les choses de la vie.

A un moment donné, instant magique, compressé à l’extrême, lorsque le visage du voyageur se reflète dans les vitres de chacun des deux trains qui se croisent, cet instant devient un présent permanent. Arrêter le présent, le cultiver à l’infini, pour qu’il n’y ait plus, ni passé, ni futur. Arrêter le temps à la seconde même d’un bonheur intense.

Pierre Schumacher écrit : « Le sentiment de la mort donne à chaque instant de la vie sa gravité. Les instants nous viennent du futur, s’éclairent subitement à la lumière du présent, sans que nous puissions y apporter la moindre retouche, et tombent dans le passé. L’évidence de la vie qui passe ainsi est incontournable. Le temps meurt en nous, constamment ».

Dans « La Péniche », l’auteur décrit une maison-phare qui tente avec ses lumières multiples, ses fenêtres sans volets, de percer l’indicible, l’invisible. Tout ne tient plus que par habitude. Dans son ombre, il voit ce monde qui passe à une vitesse invraisemblable, et qui étale à son intention toutes les virtualités de ce qu’il aurait pu être.

L’humain toujours, parfois, en couple avec d’autres humains, ses compagnons de misère, parce que la vie n’atteint guère ses objectifs, ou en couple avec les choses, les objets, ces fardeaux du quotidien. Bien des choses, dans la vie, ne tiennent plus que par habitude.

Et combien de couples ne tiennent-ils plus que par habitude !

Des exemples de situations qui ne tiennent plus que par habitude, on pourrait en citer, sans jamais parvenir au terme de la liste. Avec son texte « Manège », Pierre Schumacher nous glace les sangs. Le garçonnet, sur un cheva de bois, observe, observe encore et, à l’évidence, saisit les fragments de la vie.

Puis un coup de feu.

Un coup qui part du milieu du silence et atteint l’enfant en plein front. L’assassin part en courant.

« De lourdes gouttes de sang apparaissent sous sa blonde chevelure. La mort étonnée qui s’installe dans cette jeune figure, tourne avec le manège. Les jambes du cavalier s’écartent lentement du corps de l’animal. La foule semble suspendue dans ses mouvements. Les gouttes de sang qui glissent déjà sur le flanc lisse du cheval, y tracent leurs trajectoires paraboliques. Le garçonnet est entraîné dans la mort, toujours assis sur son cheval qui monte et qui descend, serrant de ses petites mains bleues la tige chromée. La foule salue d’un signe aveugle alors que le manège emporte dans sa ronde sa jeune clientèle jusqu’au terme. »

L’accès au monde des vivants n’est que hasard, la survie n’est que hasard. Au quotidien nous échappons à la mort, nous frôlons des cauchemars permanents, ainsi que des fêtes sans fin, sans fin… La fuite du temps, abyssale…

Avant tout, retenons que Pierre Schumacher nous livre de véritables leçons de sagesse, de grandes leçons de sagesse. La vie, il s’agit avant tout de la vie, dans la grandeur de l’ivresse, de la poésie, de la beauté, de l’échange sincère et vibrant. Evitons de nous égarer dans des gares qui ne conduisent à aucune destination. Rendons-nous ailleurs, là où l’homme connaîtra la paix du cœur et de l’âme.

Admirables leçons que prodigue Pierre Schumacher, un philosophe permanent, un grand philosophe."

Michel Schroeder, Zeitung vum Lëtzebuerger Vollek

mercredi 13 avril 2011

Le livre "Quand deux trains se croisent" édité en 2005 aux Éditions St Paul est illustré d'une quarantaine de peintures qui sont reprises dans le présent chapitre.

Version électronique de l'oeuvre

La version intégrale de "Quand deux trains se croisent" est dispobnible en ligne sur le site de www.bookrix.de

Vous avez également la possibilité de télécharger l'oeuvre au format epub « publication électronique », un format ouvert standardisé pour les livres électroniques: veuillez utiliser le lien ci-dessous